ÉTATS DES LIEUX

A deux  mois du passage de l’ouragan Mathieu, il est difficile d’évaluer l’efficacité de l’aide humanitaire distribuée aux sinistrés d’Haïti.

On parle plus volontiers des irrégularités qui ont émaillé la distribution. On se réfère souvent à  la polémique entourant l’accompagnement par des militaires dominicains des convois venant de l’autre côté de la frontière et aux violentes manifestations ayant secoué la ville des Cayes. Sans oublier bien entendu l’utilisation de l’aide déposée aux locaux de la SONAPI par des parlementaires et des officiels du gouvernement.

Comme la chronique d’une guerre annoncée tout le monde avait prophétisé ce scénario d’une aide usurpée et usurpée par des groupes d’individus d’un côté ; et de l’autre des oubliés des endroits reculés qui croupissent dans l’indifférence.

Cependant l’impression généralement acceptée c’est que la nouvelle et récente catastrophe d’Haïti semble déjà oubliée et les haïtiens sont déjà abandonnés à eux-mêmes.

 

Haïti survit habituellement à l’oubli rapide et au culte de l’inefficacité, en passant d’une catastrophe à l’autre.

Ainsi, soixante jours plus tard,  certaines communautés se trouvent encore dans un dénuement absolu justifiant l’application des mesures d’urgence immédiate.

Les organisations ne disposant de ressources ni de la logistique suffisante et adéquate pour agir dans l’urgence immédiate, ont pris cependant ce temps pour organiser leurs interventions avec des projets efficaces capables de changer effectivement la situation des sinistrés dans la durée.

Ici, nous présentons un état des lieux permettant d’évaluer nos actions depuis le passage de l’ouragan Mathieu et surtout les éléments recueillis sur place qui vont servir à articuler notre action en Haïti.

  1. PINOT, PÔLE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE ARNIQUET

A.-POURQUOI PINOT A ARNIQUET

En avril dernier, Marlyse Theobald et Sylvie Lopez réalisèrent un voyage en Haïti pour  évaluer nos actions menées en faveur des enfants d’Haïti dont elles coordonnent un soutien financier à travers les « vers à soie » et l’association  AFHES depuis plus de cinq ans.

Après avoir passé du temps avec les petits des deux fondations partenaires Seeds for the futur et Fetmy, malgré des avis assez dissuasifs, elles décidèrent de se rendre dans le Sud pour aller à la rencontre d’un groupe d’enfants en difficulté.

Accompagnées de Monsieur Gérard Chavannes, au décours de nombreux obstacles et contretemps, elles traversèrent les Cayes, Port Salut, Arniquet pour atteindre leur destination finale, PINOT, une section communale de la commune d’ARNIQUET.

Arrivées là bas,  elles ont été bouleversées par l’amabilité et l’hospitalité des gens et très vite, elles comprirent qu’il était de bon ton d’aider à la scolarisation de ces enfants et surtout de contribuer à l’amélioration du bâtiment abritant l’école en finançant la réfection de la toiture qui tenait à peine.

 

Cette initiative devint un projet intégré et appuyé par les « vers à soie » et AFHES

De retour en France, elles mirent sur pied un système de parrainage peu onéreux, ouvert et transparent en faveur des plus jeunes de l’école. D’autres activités et des dons de particuliers ont permis d’additionner  une somme utile destinée à  favoriser la rentrée d’octobre.

Mais, Mathieu arriva et se fit sentir avant le début de l’année scolaire  avec une force dévastatrice incomparable. Le pourcentage de destruction chiffré à 80% dans le grand Sud se confirme à Pinot. Les maisons, les cultures, les arbres sont dévastés. L’école est réduite en un amas de gravats et les 2.500 habitants de la section communale se trouvent plongés dans la plus terrible des désolations.

Gérard Chavannes qui s’apprêtait à faire le voyage depuis Port-au-Prince,  a dû attendre le rétablissement des réseaux routiers entre la capitale et le grand Sud, pour se rendre à Pinot,  constater les dégâts, porter les premiers secours.

Tacitement et par la force des évènements, notre engagement envers cette commune et ses habitants prit une autre dimension.

Les dégâts ont été si importants que les actions urgentes ont été très difficiles à se mettre en place. Après le passage de l’ouragan, des pluies torrentielles se sont abattues sur le grand sud pendant des jours provoquant des inondations en plaines.

Ces pluies ont rendu la vie des habitants de Pinot plus inconfortable car il n’y avait pas moyen de s’abriter pour éviter la pluie ni les moyens de protéger ce qui leur avait été distribué comme aide.

 

 

B.- PINOT ET QUELQUES UN DE SES ATOUTS !

L’observation des premières images prises par nos deux vers à soie avaient laissé une assez bonne impression et permettaient d’envisager un projet qui n’allait pas partir de zéro. Il y avait dans cette localité des conditions très favorables par rapport à d’autres zones du pays favorisant la réalisation d’une série d’activités satellites d’un projet central axé sur une réalisation centrale qui s’engageait dans l’édification d’une bonne école pour les enfants et les jeunes de la communauté.

  1. Localisation et situation : Pinot est une section communale située à 5km de Arniquet qui est à son tour situé à 41 km de la ville des Cayes qui est à son tour distant de 194 km de la Capitale Port-au-Prince.

  2. Cette situation fait de Pinot une commune désenclavée, desservie par un réseau routier existant quoique en mauvais état.

Son relief plutôt montagneux et sa situation plutôt relevée par rapport au niveau de la mer, lui confèrent des caractéristiques d’une zone dotée d’un micro climat plutôt agréable. Elle est à l’abri des inondations et a été touchée surtout par la force des vents lors du passage du cyclone.

 

  1. L’état du sol : contrairement à  ce qui est habituellement observée dans le pays, Pinot  est une zone plutôt bien boisée et les terres sont assez fertiles peu touchées par l’érosion généralisées constatées dans le pays. Ceci permet d’entrevoir une vraie amélioration de la production agricole en améliorant les techniques et l’outillage utilisés jusqu’à maintenant. Les arbres fruitiers et ceux utilisés dans la fabrication de certains produits de l’artisanat local augmentent considérablement les potentialités de la zone.

 

  1. L’eau potable : selon les informations obtenues, une source a été captée et une pompe manuelle a été installée pour desservir la population de la région. Cette source captée malgré tout se trouve à un kilomètre des habitations. Avec une pompe fonctionnant à l’énergie solaire, un réservoir et un réseau adéquat, les gens pourraient bénéficier de l’eau pour l’usage domestique et pour l’arrosage des terres.

 

 

 

  1. Les gens : les près de 3000 habitants de cette section communale vivent dans une certaine cohésion entretenue par des liens familiaux. Certaines facilités comme l’école est appelée à desservir des enfants de localités avoisinantes. Les agriculteurs sont très attachés à la terre et comprennent que leur sort peut être considérablement amélioré en travaillant différemment la terre pour en tirer le maximum de profit tout en lui vouant un respect religieux.

 

C.- NOTRE ENGAGEMENT : AIDER PINOT DANS LA DUREE

Le contexte, les circonstances et les éléments présentés comme atouts de la communauté de Pinot sont porteurs d’espoir et permettent d’envisager une action efficace capable de provoquer de vrais changements pouvant concourir à l’amélioration des conditions de vie de l’ensemble de la population.

L’objectif principal reste la scolarisation des enfants dans de très bonnes conditions.

Pour l’atteindre, nos actions se concentreront sur tout ce qui peut faciliter cette scolarisation  dans un établissement capable de les garder en sécurité, un local qui serait un lieu de vie pour les enfants et la commune,  un abri sûr au besoin.

 

 

  • I.-  NOS PRIORITES

    • Aider à la réouverture des classes dans le plus bref délai

    • Eviter et réduire les risques de famine en apportant un soutien aux cultivateurs de haricots dont le temps de la semence est imminent.

 

  • II.- DANS LE MOYEN ET LE LONG TERME

    • Soutenir le fonctionnement de l’école sur l’ensemble de l’année académique

    • Construction du bâtiment devant loger l’école en tenant compte des catastrophes naturelles courantes et régulières de cette région

    • Soutenir les agriculteurs de façon à rentabiliser leurs récoltes  et améliorer les conditions de vie

    • Soutenir et rentabiliser  l’artisanat local

    • Contribuer à la l’amélioration des infrastructures.

    • Favoriser la création de certains services basiques et indispensables

    • Ramener l’eau courante jusqu’aux habitations

 

        

D.- LES BESOINS

  • Ressources financières : Les études sont en cours et la budgétisation se fera par étape. Aujourd’hui nous avons besoin d’argent pour :

    • Accommoder un espace et pourvoir  le matériel  pour l’ouverture des classes au plus vite

    • Pour assurer l’alimentation des élèves de l’école, au moins un repas par jour

    • Pour pourvoir à 200 cultivateurs de haricots les semences pour planter dans les jours à venir.

    • Assurer le fonctionnement de l’école

    • Fiancer la construction du bâtiment.

    • Couvrir les frais inhérents aux activités envisagées et mises en œuvre.

  • Ressources matérielles : Tout ce qui peut être utile dans la réalisation de chacune de nos différentes actions.

 

  • Ressources humaines : Toutes les personnes intéressées sont bienvenues avec leurs compétences et leurs disponibilités

 

 

 

E.- NOS ACTIONS A CE JOUR

La force de notre engagement, la disponibilité de nos bénévoles concernés, la perspicacité de nos partenaires et un concours de circonstances se sont conjugués pour faire de nos actions, sans aucun doute, les mieux conçues, les mieux adaptées et surtout les mieux  ancrées dans un espace temporel qui suit le cours des évènements et des besoins des sinistrés.

Aujourd’hui, NOUS (les marraines du Centre Hospitalier Privé Clairval du groupe Ramsey Générale de Santé réunies en « VERS A SOIE », L’association Franco-Haïtienne d’Echanges et de Solidarités – AFHES -, la communauté haïtienne de Marseille, l’association HISPANIOLA de Madame Straboni, l’association Art Equitable de Monsieur Bertrand Adelus et une liste interminable de bénévoles) sommes fiers de partager quelques détails de nos interventions à « NAN PINOT » à Arniquet.

  • Dans le cadre de l’urgence absolue, un apport de près de 1500 euros destinés au départ  à faciliter l’ouverture des classes juste avant le passage de l’ouragan Mathieu ont permis de parer au plus pressé comme les uniques secours reçus par cette localité à ce jour. L’édification de la tente de fortune où les cours ont repris, l’achat de livres et autres matériels didactiques ont été rendus possibles grâce à cette somme.

  • Des dons de particuliers, des apports de nos partenaires, des fonds issus d’activités en particulier le repas solidaire du 19 novembre dernier ont financé des actions dans le cadre des objectifs fixés dans le moyen terme :

    • Pour aider à la reconstruction des logements détruits appartenant à des proches des membres de la communauté haïtienne de Marseille 2.800 euros ont été mis à la disposition des originaires des zones affectées dans le département de Nippes. Dans les jours qui viennent, lles réparations commenceront à se faire.

    • Pour l’amélioration du hangar ou les élèves reçoivent le pain de l’instruction, 1000 euros ont été déboursés et les travaux sont en cours.

    • Pour prévenir la pénurie d’aliments et la famine qui risquaient de sévir après le passage de l’ouragan, de concert avec un groupe de cultivateurs de haricots noirs et des experts en la matière, 2000 euros ont été investis dans l’achat de semences qui ont été distribuées. Ces graines seront semées dans les jours qui suivent pour une récolte au mois de mars prochain.

 

 

L’avenir commence maintenant pour nous et pour les gens de cette communauté qui attendent notre aide pour améliorer leur travail et leurs conditions de vie.

 

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