Vendredis littéraires : réouverture timide, mais prometteuse

Après la traditionnelle fermeture annuelle, qui paraissait une longue attente pour les dilettantes et professionnels de l’écriture fréquentant ce milieu, les Vendredis littéraires de l’Université Caraïbes a repris du service. Le vendredi 6 septembre 2019, une soirée ponctuée de textes et de chansons tenue au centre Anne-Marie Morisset a amplement renouvelé le désir de « se réfugier quelquefois dans des chansons et des poèmes devant l’échec du politique », comme l’écrivait Lyonel Trouillot dans son roman Kannjawou.

Publié le 2019-09-09 | Le Nouvelliste

 

À quelques jours de la rentrée scolaire, les Vendredis littéraires, créés en 1994 par l’écrivain Lyonel Trouillot, ont redémarré. Malgré la conjoncture politique actuelle, la pénurie de carburant que le pays connait et la semaine assez tendue qui vient de s’écouler, une vingtaine de personnes ont fait le déplacement pour remplir les chaises qui sont restées vides, depuis le congé annuel de cet espace littéraire au mois d’août dernier.  Avec une programmation variée et de qualité, l’organisation de cette soirée était sans faille. En compagnie de Roldy, Wooly Saint-Louis et quelques habitués de ce moment de poésie, de chansons et de partage, le petit public familier a salué ce retour spécial, vu les circonstances accablantes dans lesquelles se trouve le pays ces derniers mois.

 Timidement, l’artiste Roldy a débuté la soirée avec un poème -mis en musique -, de Bonel Auguste provenant de son recueil de poésies «Nan dans fanm». La première graine a été semée. Elle a germé et a porté ses fruits avec un Wooly Saint-Louis qui s’est mis au diapason pour offrir une soirée simple et prometteuse. Des lectures faites par les personnes présentes, on se souviendra du tonitruant passage de Lyonel Trouillot qui nous faisait découvrir un texte de Bernard Dimey intitulé: « Quand on a rien à dire».

L’ambiance de la soirée, pour la plupart musicale, malgré une programmation pour séduire le public d’un vendredi soir, a tant bien que mal fait frissonner la petite assemblée. Mais ce n’était pas assez pour que la situation soit optimale, d’autant que la pluie était de la partie.

« Quand on n'a rien à dire et du mal à se taire

 On peut toujours aller gueuler dans un bistrot

Parler de son voisin qui n'a pas fait la guerre

Parler de Boumédiène et de Fidel Castro

Parler, parler, parler... pour que l'air se déplace

Pour montrer qu'on sait vivre et qu'on a des façons

 Parler de son ulcère ou bien des saints de glace

Pour faire croire aux copains qu'on n'est pas le plus con », extrait de: « Quand on a rien à dire» de Bernard Dimey.

Auteur: Eunice Eliazar

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