MOURIR DE LA GUERRE DES AUTRES

Hier, jour férié national, n’ayant pas à me rendre au bureau, je me suis dit qu’il était peut-être temps d’aller voir un ami de longue date, le genre avec qui tu as des sortes de liens indélébiles, malgré le temps et les passages à vide.

Alors que j’étais en route, mon téléphone sonna pour me dire que si j’avançais encore de quelques mètres, je serais bloquée. J’ai donc décidé de faire demi tour et envoyé un message à mon ami pour lui dire que je n’allais plus pouvoir venir, une fois de plus. Il ne répondit pas.

Ce matin, un coup de fil des plus intrigants me fit sursauter d’un sommeil bizarrement agité depuis la veille au soir. N’ayant rien compris, ou plutôt, croyant n’avoir rien compris de ce qui était pour moi, sur le coup, le fait de ces inconnus qui s’amusent à se tromper de destinataire, je tentai difficilement de me rendormir pour chiper quelques minutes de plus à une journée de travail qui s’annonçait plutôt intense. En sortant de chez moi, sur l’insistance d’une énigmatique intuition, je rappelai le supposé inconnu, et celui-ci de me répéter mot pour mot - je pense- ce qu’il essayait de me dire plus tôt. C’était un membre de la famille de mon ami qui voulait m’annoncer le départ de celui-ci pour un monde où je ne pourrai plus lui faire faux bond, pour un au-delà qui une fois de plus avait souhaité m’apprendre une n-ième leçon de vie, de mort.

En fait, il est mort car il n’avait pas pu atteindre l’hôpital le plus proche pour se soigner. Les routes étaient “coupées” m’a-t-on dit, par des humains qui se détestaient et donc, évidemment, se livraient bataille. Il est mort d’une guerre qui n’était pas la sienne, mais n’était-elle vraiment pas la sienne?

Impuissance quand tu nous tiens...

Autrice: Sterline De Browns Civil, 04/06/2021

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STERLINE VOUS PARLE DE "DROIT"

C’est l’ensemble des droits économiques, sociaux, culturels et des droits civils et politiques qui définissent un cadre dans lequel chaque personne peut mener une vie digne et libre, car cet ensemble offre des libertés individuelles, des possibilités de participation sociale et les capacités qui permettent de les exercer. Si le respect des droits civils et politiques nécessite essentiellement la mise en place de règles pour l’exercice de la puissance publique, la mise en œuvre de droits sociaux, économiques et culturelles nécessite également des moyens économiques et techniques qui peuvent ne pas être disponibles dans l’immédiat.

La satisfaction des besoins sociaux participe naturellement de la cohésion et de la stabilité des Etats, de l’épanouissement individuel et de la prospérité collective des sociétés. L’une des tâches les plus difficiles des Etats ACP (Groupe Afrique - Caraïbes - Pacifique) consiste à favoriser l’épanouissement individuel. Au cœur des problèmes des Etats ACP, il y a la difficile conciliation au mieux de la performance économique qui est un impératif du développement et l’épanouissement individuel de chaque population, condition de son bien-être.

Du point de vue légal et pratique, il s’agit là d’une sérieuse responsabilité individuelle et collective qui découle du service à rendre à chaque Etat. Il importe d’établir des liens entre la culture et le développement durable si l’on veut mettre en lumière le caractère essentiel de l’épanouissement individuel sur le plan social et culturel pour assurer le développement humain. Le développement et la reconnaissance des savoirs, des aptitudes et des compétences des citoyens sont essentiels pour la compétitivité, l’emploi et la cohésion sociale au sein des Etats ACP. A la croisée du local et du global, les régions des ACP sont des territoires créatifs, des territoires de l’innovation tout en renouvelant les conditions d’un développement visant au bien-être.

Bien évidemment la mise en œuvre de ces droits ne doit pas conduire à violer ou limiter d’autres droits. Le cumul des droits civils et politiques d’une part et droits économiques sociaux et culturels, fonde la stabilité de l’État.

Dans les Etats ACP il a toujours été constaté qu’il y a une certaine distance entre les principes des droits de l’homme et leur mise en œuvre sur le terrain. L’exigibilité des droits économiques, sociaux et culturels, et conséquemment leur justiciabilité dépendent aujourd’hui des constitutions et des lois. Néanmoins, des actions en justice peuvent être intentées dans le cadre de la mise en œuvre des droits civils et politiques.

(...) C’est par le développement que les droits de l’homme seront effectivement protégés. Le respect des droits ne se décrète pas, il faut aider économiquement ces pays ACP pour ensuite assurer l’accès aux droits économiques et sociaux. Ensuite, viendra une certaine stabilité sociale engendrant une stabilité politique. L’essentiel de la coopération entre l’Union européenne et les groupes d’Etat ACP devrait donc résider dans la solidarité.

La notion de solidarité pénètre le champ politique. Elle évoque la présence d’un lien social entre les membres d’un groupe, ou d’une communauté politique, caractérisé par une « dépendance mutuelle » comme entre communauté ACP-UE. On la retrouve dans les relations de droit privé qui la considèrent comme une situation où plusieurs personnes s’obligent les unes envers les autres. Mais, aujourd’hui, la solidarité s’échappe des relations entre proches pour s’étendre aux rapports dans l’État allant des droits-créances des personnes sur celui-ci au droit à la solidarité entre États.

La difficulté est donc de taille car, aujourd’hui, dans les pays ACP, par un inversement de la hiérarchie, les droits sociaux sont essentiels. Si la population peut effectivement bénéficier des richesses du pays, c’est-à-dire qu’une redistribution se met en place, alors une partie des revendications tomberont. Les droits de l’homme seront alors pour partie respectés. Le passage à des élections libres et à une stabilisation du régime politique paraîtront alors plus faciles. Dès lors, c'est sur ce principe de solidarité qu’il faut fonder les deux aspects, notamment l’aide au développement qui est une application du principe de solidarité entre États pouvant aboutir à une amélioration des droits économiques et sociaux et, à terme, civils et politiques.

Autrice : Sterline Civil , extrait de mémoire de M2 Droit international et européen des droits fondamentaux